En quête de justice
En quête de justice

17 octobre 2020 - N'éteignez pas les Lumières

Lettre ouverte à Emmanuel Macron suite au couvre-feu

 

Monsieur le Président de la République,

 

Depuis quelques mois, vous multipliez les mesures, changeant constamment les règles et nous prévenant la veille ou l’avant-veille, ce qui est du pareil au même. Conséquence de cette folle surenchère, vous ne laissez même pas le temps aux mesures de porter leurs fruits que vous en prenez déjà de nouvelles. La dernière d’entre elles, c’est un couvre-feu à 21 heures.

Nous ne sommes pas d’accord !

Nous pouvons sacrifier nos libertés sur l’autel de la sécurité sanitaire. Nous pouvons ne plus sortir, rester sagement chez nous, nous contraindre au « métro, boulot dodo ». A la seule condition que ce sacrifice ait un sens et soit utile.

Il ne s’agit pas de défendre nos libertés quoi qu’il en coûte, selon votre expression. Il s’agit de les défendre contre les ordres arbitraires. Car, le pire, c’est que vous prenez ces mesures en vous revendiquant des Lumières, et que là où vous voyez la lumière, nous ne voyons qu’obscurité.

Le virus n’est pas plus actif la nuit que le jour. Les personnes qui déjeunent au restaurant ne propagent pas plus le virus que les personnes qui dinent au restaurant. Les personnes qui vont au cinéma ou au théâtre en soirée ne propagent pas plus le virus que les personnes qui s’y rendent en journée. Les personnes qui voient leurs proches ne propagent pas plus le virus, qu’elles les voient à midi ou à minuit.

En réalité, diabolisant la chose au point de la rendre criminelle, le seul objectif poursuivi par ce couvre-feu est d’empêcher les gens, et plus encore les jeunes, de faire la fête. Si tant est qu’il faille l’empêcher, doit-on pour autant interdire aux gens d’aller au cinéma, au théâtre, au restaurant, voir leur famille ou leurs amis ? Sortir le soir serait plus dangereux qu’aller travailler, s’agglutiner dans le métro aux heures de pointe ou faire ses courses en grandes surfaces ? Quel esprit éclairé peut croire de telles fables ?

Nous comprenons l’importance de sauver des vies mais nous doutons fortement des méthodes employées. Et pour cause ! Plus vous interdisez, sommez, contraignez, menacez, effrayez, plus le virus progresse, parce que vous ne prenez pas les seules mesures réellement efficaces : ouvrir des lits de réanimation, tester intelligemment et non à tout va, établir un climat de confiance.

Loin de prendre ces mesures de bon sens, vous stigmatisez. Les responsables sont aujourd’hui les jeunes, comme hier, c’étaient les enfants.

Loin de prendre ces mesures de bon sens, vous jouez sur les peurs. Oubliant que la peur n’est jamais un facteur de santé.

Reste que votre couvre-feu n’est pas seulement liberticide, il a un coût colossal. Peu vous chaut. Vous disposez des fonds publics, que nous n’avons pas, comme des libertés, que nous n’avons plus : sans nous concerter. Quel esprit éclairé peut croire que c’est vous qui paierez la note ?

La note, c’est nous qui la paierons, ce qui nous rend légitimes à nous assurer que les mesures que vous prenez ne sont pas le fruit de l’idéologie de certains mais qu’elles sont utiles autant que proportionnées, raisonnables autant que raisonnées. 

Monsieur le Président, ne cédez pas aux sirènes totalitaires. Dans une démocratie éclairée, on ne peut ordonner sur la base d’allégations floues et générales, ou en jouant sur les peurs et sur les croyances. Les Lumières, ce n’est pas l’obscurantisme. Ne faites pas n’importe quoi au prétexte de faire quelque chose. Surtout quand ce n’importe quoi tue nos libertés, notre économie et notre moral. Car, finalement, face à vos errements, la seule certitude que nous avons, c’est que votre couvre-feu aura un réel impact sur notre moral et qu’il sonne déjà à nos oreilles l’hallali de la culture, de l’art de vivre à la Française, de ce qui fait l’âme de nos cités.

Nous ne sommes pas en guerre, nous sommes les enfants des Lumières. Un couvre-feu n’est pas une mesure que l’on prend à la légère, par précaution, sur la base d’hypothèses discutables. Il n’y a rien d’innocent dans un couvre-feu. Alors, de grâce, n’éteignez pas les Lumières, en éteignant la lumière.

 

Corinne Morel

Présidente de l'association EN QUÊTE DE JUSTICE et fondatrice du collectif « Je défends les auteurs »

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